Dr Thomas Netticadan

Dr. Thomas Netticadan working in his lab

Les quartiers sous-développés de l’Inde ne sont pas réputés pour être des lieux inspirants. Pourtant, c’est dans les rues surpeuplées de Mumbai qu’a commencé une des plus grandes percées actuelles de la recherche en cardiologie.

Grâce à votre soutien continu de la Fondation de l’Hôpital Saint-Boniface, cette percée s’est traduite en résultats concrets ici à Winnipeg.

Dans mes travaux à titre de chercheur principal du Centre canadien de recherches agroalimentaires en santé et médecine de l’Hôpital Saint-Boniface, j’étudie les aliments communs et leurs composés pour comprendre comment ils peuvent protéger le cœur de façon à pouvoir traiter, voire prévenir les maladies cardiovasculaires.

Les maladies cardiovasculaires sont la cause première de décès dans le monde et selon les prévisions, elles pourraient entraîner le décès de 23,3 millions de personnes d’ici 2030. J’ai pour objectif de faire passer mes travaux de recherche du laboratoire au chevet des patients pour leur venir en aide.  

J’ai su que je voulais sauver des vies et améliorer la santé des personnes atteintes de maladies cardiovasculaires au chevet d’une personne qui m’est tout particulièrement chère, ma mère.

J’ai passé la majeure partie de mon enfance à Mumbai, en Inde, où mes parents, mon frère, ma sœur et moi partagions un petit logement avec de nombreuses autres familles. Mes parents n’ont pas pu faire d’études supérieures, mais ils les considéraient comme une voie vers une vie meilleure pour nous, leurs enfants. Ils ont donc consacré la majeure partie de qu’ils ont gagné à nous faire instruire, pour que nous puissions faire des études secondaires et universitaires.

Pendant mes études, j’ai vu la santé de mes parents dépérir, eux qui travaillaient sans relâche. Mon père s’est mis à faire de l’hypertension – une pression artérielle extrêmement élevée – qui a affaibli son cœur et ses reins. Ses deux reins ont cessé de fonctionner et il a eu de la dialyse pendant longtemps. Il est finalement décédé d’insuffisance cardiaque.

Ma mère a souffert d’un diabète dont les symptômes se sont aggravés, mais son cœur a fini par lâcher. Je me souviens encore de ses séjours prolongés aux soins intensifs où mon frère, ma sœur et moi nous relayions pour veiller à son chevet 24 h sur 24. J’étais l’aîné, alors je passais la nuit avec elle, de longues nuits froides, endormi à même le sol dans un hôpital bondé de malades et de mourants.

Cette période a été difficile à vivre. Elle m’a cependant forgé le caractère et elle a inspiré ma carrière. En voyant mes parents souffrir, j’ai su que je ne voulais rien faire d’autre qu’aider les gens comme eux. Grâce au soutien continu de donateurs comme vous, je peux accomplir la mission que je me suis donnée, ici à l’Hôpital Saint-Boniface.   

Je suis arrivé en 1996 à Winnipeg pour travailler au centre de recherche de l’Hôpital sous la direction du Dr Naranjan S. Dhalla, un chef de file mondial de la recherche en cardiologie. En 2004, j’ai commencé à étudier le resvératrol. Peut-être avez-vous entendu dire que la consommation de vin rouge – qui contient du resvératrol – peut être bonne pour vous. Ce composé naturel présent dans les raisins et les arachides peut contribuer à prévenir et à traiter de nombreuses maladies.

L’été dernier, mes collègues et moi avons publié l’essai clinique le plus concluant du monde sur les avantages du resvératrol chez les diabétiques. Nous avons travaillé en collaboration avec des chercheurs en Iran, pays où vit l’une des populations les plus atteintes par le diabète de type 2 et notre étude a montré que le resvératrol réduit le taux de glycémie et d’insuline, tout en augmentant la lipoprotéine de haute densité (HDL) ou « bon cholestérol ». Nous poursuivrons bientôt nos travaux avec l’équipe iranienne et entamerons le premier essai clinique mondial qui portera sur les avantages du resvératrol chez les personnes atteintes d’hypertension.

Nous avons aussi prouvé en laboratoire que le resvératrol peut limiter l’augmentation nuisible du cœur, ce qui mène à l’insuffisance cardiaque. Cette découverte pourrait mener à de nouveaux modes de prévention et de traitement des cardiopathies.

En collaboration avec Dre Shelley Zieroth, cardiologue, et son équipe, nous commencerons, plus tard cette année, un essai clinique dans l’espoir d’obtenir des résultats similaires dans les cas où le resvératrol est prescrit à des patients atteints d’insuffisance cardiaque. Cette étude sera la première du genre au monde.

Vos dons à la Fondation de l’Hôpital Saint-Boniface rendent possibles ces recherches vitales et grâce à votre soutien indéfectible, nous pourrons progresser dans nos travaux.

J’ose espérer que le resvératrol fera un jour partie des médicaments courants pour les personnes atteintes de diabète, d’hypertension et d’insuffisance cardiaque. Ma recherche n’aurait pas pu sauver mes parents, mais je sais qu’ils seraient fiers de voir qu’elle pourrait soulager un si grand nombre de malades dans notre communauté.

Je suis honoré de vous remercier personnellement d’appuyer mes travaux et ceux de nombreux autres chercheurs en cardiologie de calibre mondial de l’Hôpital Saint-Boniface. Aidez-nous à faire naître l’espoir en l’avenir par un don à la Fondation de l’Hôpital Saint-Boniface.

Je vous remercie sincèrement,

Dr Thomas Netticadan

Chercheur principal au Centre canadien de recherches agroalimentaires en santé et médecine de l’Hôpital Saint-Boniface

Professeur auxiliaire au Département de physiologie de la Faculté de médecine de l’Université du Manitoba

Dr. Thomas Netticadan