Histoires de recherche

Dr. Fernyhough and team_maybe remove Dr. Albensi on right-2Tout a commencé par un simple contrôle de sécurité à l’aéroport. Le Winnipegois Darrell Fierheller vide ses poches et enlève ses souliers avant de passer au scanneur.

Il y a toutefois quelque chose qui lui échappe dans sa hâte de passer les mesures de sécurité; il a mis son téléphone cellulaire dans l’un de ses souliers. Après avoir traversé le scanneur sans problème, il remet ses chaussures en oubliant de reprendre son téléphone, et les garde durant des heures.

En tant que diabétique atteint de neuropathie, il ne pouvait pas sentir son téléphone.

« La neuropathie rend les nerfs insensibles », explique M. Fierheller.

L’incident du téléphone survenu il y a quelques années a causé de graves problèmes à son pied et a contribué à l’apparition de ce qui est appelé le pied de Charcot, qui peut entraîner la formation d’ulcères.

Comme le taux de diabète monte en flèche au Manitoba et ailleurs dans le monde, il est urgent de trouver de nouvelles façons plus efficaces de traiter la neuropathie. Le Dr Paul Fernyhough est à l’avant-garde de la recherche dans ce domaine.

« Environ la moitié des diabétiques auront une certaine forme de lésion nerveuse, précise le Dr Fernyhough, directeur et professeur au laboratoire de biologie cellulaire des maladies neurodégénératives du Centre de recherche de l’Hôpital Saint-Boniface. Ces lésions peuvent causer des douleurs incessantes, des ulcères infectés et, dans bien des cas, des amputations. »

Le Dr Fernyhough et ses collègues de Winnipeg et d’ailleurs développent une crème topique à appliquer directement sur la peau qui pourrait traiter et même guérir la neuropathie diabétique. Les premiers essais sont très prometteurs.

« Nous pensons avoir trouvé un nouveau médicament qui serait le premier à pouvoir guérir la maladie, ajoute le Dr Fernyhough. Pas seulement apporter un soulagement, mais une guérison. »

Sans surprise, la crème a suscité un intérêt commercial et fera l’objet d’autres tests. Une compagnie privée, appelée WinSanTor Biosciences Inc., a été fondée pour faire avancer les travaux. Il s’agit d’une pratique courante à l’Hôpital Saint-Boniface et dans le milieu scientifique canadien. Lorsque des produits font une entrée réussie sur le marché, ils peuvent devenir financièrement profitables pour l’Hôpital, l’Université du Manitoba et les chercheurs.

Le travail sur la neuropathie a des répercussions mondiales, mais il est particulièrement important au Manitoba, car on y compte 100 000 personnes diabétiques, dont des milliers doivent subir l’amputation de membres inférieurs, chaque année. Il en coûte jusqu’à 150 millions de dollars par année pour traiter la neuropathie diabétique au Manitoba, en coûts directs, y compris les amputations et le traitement des pieds. La détection précoce et un meilleur traitement pourraient améliorer la santé individuelle, le bien-être collectif et l’économie provinciale.

Pour Darrell Fierheller, qui est âgé de 72 ans, c’est une question de gestion de son état de santé. Son diabète est équilibré grâce aux médicaments, à son alimentation et à l’exercice. La neuropathie dont il est atteint depuis une dizaine d’années est une autre histoire.

« Le bout de mes doigts picote toujours et semble engourdi, dit-il. Dans mes pieds, il me reste un peu de sensation dans la plante et le talon, mais j’ai moins d’équilibre. »

Grâce au Dr Paul Fernyhough et à ses collègues, Darrell Fierheller et d’autres personnes comme lui pourraient bientôt avoir accès à un remède.

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